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Colin James
& The Little Big Band 3
Released October 3, 2006

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2006
Press > 2006

Le Soleil
Le vendredi 27 janvier 2006
By: Kathleen Lavoie

Depuis ses débuts, à la fin des années 80, Colin James a habitué ses admirateurs à ses fréquents coups de gueule stylistiques. Du rock au big band en passant par le blues, le talentueux guitariste vancouvérois n'a cessé de jouer à l'infidèle. Avec Limelight, son premier album sur étiquette indépendante Maple, il en remet en explorant cette fois le rock acoustique teinté de soul. Une parenthèse qui prendra fin... avec un autre album de big band, bien sûr !

Butineur invétéré, Colin James ne s'est jamais cantonné dans le seul genre du blues-rock auquel on continue pourtant de l'associer. Davantage par souci de se garder sur le qui-vive que par envie d'explorer, ces pérégrinations musicales ont néanmoins permis à l'artiste d'évoluer. À 41 ans, ce n'est plus tant l'énergie brute du rock à la Just Came Back, son premier succès, qu'il recherche comme une connexion plus spirituelle avec la musique, le propre de la soul.

Lorsque j'écoute de la musique, c'est ce qui m'accroche habituellement, a récemment confié James au SOLEIL. Je n'écoute pas AC/DC. Je suis toujours à l'affût de choses qui se rapprochent de la complainte. Récemment, cette recherche m'a dirigé chez les Mary J. Blige, Sarah Harmer et Van Morrison. " À l'évocation de l'auteur-compositeur irlandais, Colin James, qui montera sur la scène du Cabaret jeudi, devient intarissable.

Je l'avais [Van Morrison] en tête en enregistrant Limelight. Je recherchais ce genre d'ambiance dans l'enregistrement et dans l'écriture. Je suis très satisfait ce que ce qui s'est retrouvé sur le disque. C'est très représentatif de ce qui s'est passé en studio.

Créé en compagnie d'une brochette de prestigieux instrumentistes (Jim Keltner, Reggie McBride, Hutch Hutchison), de collaborateurs de longue date (Craig Northey, Tom Wilson) et d'amis (Colin Linden), ce 10e album s'est avéré un véritable labeur du cœur.

Les gens avec qui j'ai décidé de travailler, ce sont tous de grands amis. D'une part, Tom Wilson est tout un parolier. Très sombre. J'aime la façon dont il écrit. Qui plus est, c'est un gars formidable ! Chaque fois, au cours des 10 dernières années, qu'on a collaboré ensemble, on a beaucoup ri. Quant à Craig, il a fait beaucoup de choses sur le dernier disque qui m'ont rendu très très heureux... a fait savoir le guitariste.

Pour Colin James, l'arrivée chez Maple, où il s'est vu offrir une liberté totale dans l'élaboration de son projet musical, a fait l'effet d'une véritable bouffée d'air frais.

C'est complètement autre chose. Je goûte pleinement les bons côtés de cette nouvelle association où, soudainement, je me retrouve un partenaire dans l'aventure, et pas uniquement quelqu'un qui est à la merci d'autres gens. Il y a des bons et des mauvais côtés au fait d'être avec une multinationale, le pire étant certainement que personne n'est prêt à faire le petit effort supplémentaire pour vous. Par exemple, pour Limelight, nous avons depuis longtemps récupéré notre investissement. Ça ne m'était jamais arrivé auparavant dans ma carrière.

Sur le plan musical, le Vancouvérois bénéficie de la même confiance. Ses choix sont adoptés sans être questionnés par son équipe.

Disons que ce n'est plus comme avant où on m'imposait des auteurs et des compositeurs. Ça m'angoissait tellement d'entrer en studio avec des gens que je ne connaissais pas que j'en faisais de l'anxiété ! Il était impossible d'échapper à la pression qu'on mettait sur nous pour qu'on s'entende. C'était un peu le même genre de relation qu'Avril Lavigne a eu avec The Matrix. Combien de jeunes sont ainsi "mis en tutelle" par les compagnies de disques ? Beaucoup trop !

Ces mariages de convenance, a estimé Colin James, ont la fâcheuse conséquence de créer des rejetons qui ne ressemblent pas à leurs parents.

Sur beaucoup de pièces, on ne sentait aucune chimie. Je détestais ça. Il faut dire que pendant longtemps, je n'avais pas l'ambition d'écrire. Au début, je voulais être comme Buddy Guy. Je voulais seulement chanter et jouer du blues. Aujourd'hui, je ne déteste plus le processus d'écriture. Je trouve que c'est une belle occasion de montrer qui on est.

Si les années ont permis au musicien de trouver sa voie musicale, elles lui ont également permis de trouver sa voix, celle qui naît dans l'âme.

L'un des aspects de mon travail qui m'apporte beaucoup de plaisir récemment, c'est le chant. Pendant longtemps, je n'ai pas aimé chanter. Je le faisais par nécessité. Mais voilà, je pense plus que jamais que la voix peut évoluer en même temps que l'humain. Il arrive un point où on n'essaie plus de copier d'autres chanteurs comme je le faisais quand j'étais plus jeune. Je ne réfléchis plus autant quand je chante... " a laissé entendre le sympathique artiste.

Ce bien-être généralisé chez Colin James, qui a prévalu tout le long de l'enregistrement de Limelight, a mené le musicien à l'un de ses plus beaux succès critique et populaire en carrière. C'est cette même réussite qui le ramène chez nous jeudi.

Plus ça va, plus je me sens nerveux par rapport à ces spectacles. Je me suis mis à réfléchir aux chansons que je ferai... Quand on en est à son 10e album, il y a tellement de chansons parmi lesquelles on peut choisir ! On ne peut pas se concentrer sur un seul album, ni proposer trop de ballades, sinon ça brise le rythme du spectacle. Avec les ballades, c'est difficile. Les gens veulent en entendre beaucoup, mais on peut difficilement en faire plus de deux par soir. C'est la zone grise.

La présence inattendue sur cette tournée du réalisateur de Limelight, Colin Linden, va rendre la prochaine série de spectacles particulièrement agréable pour James.

Colin vit à Nashville, moi à Vancouver. Ça ne nous donne pas beaucoup d'occasions de nous voir. D'ailleurs, nous n'allons nous retrouver qu'au premier spectacle. Avec lui, on devrait être capables de recréer mieux la plupart des pièces de l'album Limelight.

Après le Canada, Colin James ira se produire en Europe, où il souhaite pouvoir jouer davantage dans la prochaine année.

Il y a beaucoup de bons festivals de blues là-bas. Je pense que c'est là où je dois miser dans le futur. J'adore les festivals européens... Ils sont si éclectiques !

Peu importe ce que l'avenir réserve à l'auteur-compositeur, ce dernier a le sentiment d'avoir enfin trouvé sa place dans le monde.

J'apprécie le parcours que j'ai fait, mais surtout l'endroit où je suis rendu dans ma carrière. C'est merveilleux, a-t-il conclu.

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